Chargés en dernier recours, dans le cadre du contrôle hiérarchique, de cette nouvelle définition des risques à la suite de l'avalanche de Montroc, leur absence d'approbation définitive du Guide Méthodologique (que leurs services techniques, à l'origine de ce document, leur ont soumis depuis près de 3 ans), pourrait être reconnue comme une faute si une nouvelle avalanche avait des conséquences meutrières du type de celle de Montroc (Chamonix) en 1999 ou Val d'Isère en 1970 dans des zones où les risques sont connus et identifiés mais où l'information du public (résidents principaux mais aussi secondaires) n'est pas assurée.
A la suite
C'est donc ce Guide qui a été utilisé pour dessiner les cartes de risques, intégrant les zones rouges, bleues et les zones jaunes. Ces dernières sont la nouveauté majeure de ce document méthodologique. Elles indiquent l'aléa maximum vraisemblable (AMV) dont l'occurrence est supérieure au siècle, allant jusqu'à 300 ans comme le font par exemple, la Suisse, l'Italie et l'Autriche, voire plus comme en Suède.
Ce document est aujourd'hui utilisé pour la mise en oeuvre d'un grand nombre de PPR Avalanches dans les communes concernées par ce risque.
A ce jour, il n'a pourtant toujours pas été approuvé définitivement, du fait de l'opposition de certains Maires de communes de Montagne dans le cadre d'un lobbying de l'Association des élus de montagne (ANEM). Certains de ces élus sont responsables de communes pour lesquelles le risque d'avalanche est plus que limité: exemple de la commune de Bonneville, Haute-Savoie, commune de plaine, dont M. Saddier, député-maire, est en même temps président de l'ANEM, à ce jour, et jusqu'au 25 octobre 2008.
Il y a près de deux ans, les Ministères concernés ont demandé au Conseil National de la Sécurité Civile(CNSC), organisme créé en février 2005 par le Ministre de l'Intérieur de l'époque, M. Nicolas Sarkozy, un avis complémentaire sur ce sujet des zones jaunes. Ce Conseil a nommé une Commission de réflexion constituée de sages de l'Inspection Générale de l'Environnement.
Cette Commission a confirmé en mars 2008 devant le CNSC les conclusions de ce Guide Méthodologique, pendant que l'ANEM maintenait sa position d'en demander la suppression. Depuis cette date, le MEEDDAT n'a toujours pas décidé de l'officialisation du Guide Méthodologique. Ne manque-t-il pas ainsi, gravement, à son rôle de décisionnaire dans le domaine de la prévention des risques ? (La DPPR, Direction de la prévention contre la pollution et les risques, et la DPRM , Sous-direction de la prévention contre les risques majeurs, sont parties intégrantes de son champ d'activité.)
Certaines des personnes rencontrées par l'AIRAP au sein de ces directions semblent regretter cette absence de décision du Ministre qui assume directement, avec sa Secrétaire d'Etat, la responsabilité de cet état de fait.
Cette situation ne rappelle-t-elle pas fâcheusement l'histoire du "sang contaminé"? Ils savaient et ils n'ont rien fait... L'avertissement préalable dans ce cas, aurait, de plus, été donné très précisément.